Incivilités : une ville sale, et si les vrais responsables n’étaient pas ceux qu’on accuse ?



Dans la commune, le constat est devenu impossible à ignorer : des sacs-poubelles abandonnés sur les trottoirs, des canettes écrasées au pied des bancs, des papiers gras qui volent au moindre coup de vent, des détritus de toute sorte qui s’accumulent et donnent à la ville un visage négligé. Le décor est triste, lassant, et surtout indigne des habitants qui respectent leur cadre de vie.

Mais comme souvent, la colère cherche un coupable facile. Et le réflexe est connu : accuser les agents municipaux.

Vraiment ? Peut-on sérieusement rendre responsables ceux qui passent derrière la bêtise des autres ? Ceux qui nettoient, ramassent, balayent, parfois plusieurs fois par jour, ce que certains jettent en quelques secondes avec un mépris total ?

Il est temps de remettre les choses à l’endroit. Les agents municipaux ne salissent pas la ville. Ils tentent, avec des moyens parfois limités, de réparer les dégâts causés par une minorité d’inciviques qui se comportent comme si l’espace public était une décharge à ciel ouvert.

Le vrai problème, ce ne sont pas les balayeurs. Ce sont les comportements.

Que penser de celui qui laisse son sac-poubelle n’importe où, parce qu’il ne veut pas attendre le jour de collecte ? De celui qui vide sa voiture en ouvrant la portière ? De celui qui jette sa canette au sol alors qu’une poubelle se trouve à dix mètres ? De ceux qui confondent liberté et laisser-aller ?

Une commune propre ne repose pas uniquement sur les services techniques. Elle dépend d’abord du respect de chacun. Aucune équipe municipale, aussi efficace soit-elle, ne pourra suivre le rythme si certains s’acharnent à salir plus vite qu’on ne nettoie.

Il faut aussi cesser cette hypocrisie qui consiste à exiger une ville impeccable tout en fermant les yeux sur les auteurs des dégradations. On réclame des sanctions, mais seulement quand elles concernent les autres. Pourtant, verbaliser les dépôts sauvages, multiplier les contrôles et rappeler les règles de civisme seraient déjà un bon début.

La propreté n’est pas qu’une affaire de budget communal. C’est une question d’éducation, de responsabilité et de respect collectif.

Alors non, on ne peut pas toujours incriminer les agents municipaux. À force de chercher des boucs émissaires, on évite de regarder la réalité en face : la saleté d’une ville commence souvent par la négligence de ceux qui y vivent.

Et tant que certains continueront à salir sans honte, il ne faudra pas s’étonner de vivre dans ce qu’ils contribuent eux-mêmes à dégrader.

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